La canicule frappe à nouveau l’Hexagone

Avec le dérèglement climatique qui fragilise le monde entier, la canicule frappe à nouveau l’Hexagone. Le pays est en proie à des canicules presque chaque année, qui est « un épisode de températures très élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée (au moins 3 jours) qui est susceptible de constituer un risque sanitaire, notamment pour les personnes fragiles ou surexposées (définition à l’échelle départementale). » Au total, 49 départements sont en vigilance rouge et dix personnes sont mortes par noyade en tentant d’échapper à la chaleur insoutenable.

L’ampleur de la canicule

L’épisode caniculaire de juin 2026 dépasse largement le précédent record établi en juillet 2019 avec seulement 20 départements. Au total, 53 millions de Français subissent les effets de la vague de chaleur lundi, répartis entre les 49 départements en vigilance rouge et 40 en orange, essentiellement dans le centre et l’ouest du territoire. 

Les maximales prévues oscillent entre 40 et 42°C dans les zones classées en rouge avec un risque avéré de battre des records absolus. Météo-France annonce que la température moyenne pourrait atteindre le niveau de la journée la plus chaude jamais mesurée en France tous mois confondus. L’agroclimatologue Serge Zaka qualifie cette situation de « largement pire que la canicule de 2003 » en termes d’anomalies de température pour un mois de juin, tout en notant que si l’épisode persiste aussi longtemps qu’en 2003, il deviendrait « la canicule la plus importante que la France ait jamais connue ».

La vague de chaleur perturbe également le milieu scolaire. Plus de 845 écoles et collèges ferment lundi et les suppressions de trains s’accumulent sur les réseaux parisiens et nationaux. Les appels au Samu augmentent quant à eux de 20 à 30 %. Trois décès liés aux fortes chaleurs sont également signalés en Gironde.

La nécessité d’adapter les bâtiments à la canicule

Pour répondre efficacement à la canicule qui frappe à nouveau l’Hexagone, il est nécessaire d’utiliser des matériaux limitant la chaleur. Selon Hakim Hamadou, expert au service Bâtiment de l’ADEME, plus d’un quart des bâtiments demeurent exposés à un risque très fort même dans l’hypothèse du respect des engagements climatiques. Sans régulation climatique, ce chiffre grimpe à 65 %, et atteint 90 % du parc immobilier en cas de réchauffement de 4°C d’ici 2100. Finalement, la conception des bâtiments doit intégrer l’impératif climatique pour ne pas reproduire les erreurs d’aujourd’hui. L’urgence s’accroît à mesure que les épisodes caniculaires s’intensifient et se répètent. 

Face à ce constat, des solutions existent et doivent être développées. Par exemple, une ventilation nocturne optimisée, associée à des gestes appropriés, permet de maintenir des niveaux de confort acceptables. Pour les canicules sévères, le recours à du froid actif (réseaux de froid urbain, géocooling, froid évaporatif) s’avère nécessaire, à condition de privilégier des équipements vertueux qui ne renforcent pas la chaleur. Dans les villes, la végétalisation massive des espaces publics et privés et la réouverture de cours d’eau, lorsque c’est possible, sont utiles. 

La réglementation RE2020 impose désormais aux constructions neuves un nouvel indicateur, le « degré-heure ». Ce dernier mesure la durée d’exposition à de fortes températures. Cette contrainte oblige les constructeurs à adapter le bâti au climat et à l’écosystème local. Sans cette mobilisation collective et immédiate, les bâtiments publics et privés, notamment les écoles, resteront victimes des futures canicules. 

Joris Berry, rédacteur géopolitique

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