Le sommet pour l’IA de Paris

Le sommet pour l’IA s’est tenu le 10 et 11 février 2025 à Paris. Quels enjeux pour la France et la scène internationale face à l’avancée de l’intelligence artificielle ?

Une volonté de réaffirmation au sein du sommet pour l’ia

L’Europe et la France face à la Chine et les États-Unis 

Le sommet fait suite à l’annonce du projet Stargate de Donald Trump. Ce dernier est destiné à renforcer la souveraineté technologique des États-Unis. Le budget alloué est colossal ; près de 500 milliards de dollars sur 5 ans dont une première tranche de 100 milliards de dollars déjà engagée. Face à ce projet, la France et l’UE ont dû se rendre à l’évidence ; il faut rattraper le retard face aux géants Chinois et Américains. C’est dans cette volonté de se réaffirmer comme puissance technologique que la France organise ce sommet. 

Le sommet a rassemblé plus de 40 chefs d’État ainsi que 200 experts en IA et les PDG des plus grandes entreprises technologiques comme Google, Microsoft, OpenAI et Meta. L’objectif était d’établir des directives internationales sur le développement responsable de l’IA. La stratégie de la France et de l’Union européenne est claire : s’imposer comme leader dans la gouvernance mondiale de l’IA pour faire face à ses adversaires chinois et américains. Durant le sommet, plus de 60 grandes entreprises ont annoncé la création d’une coalition pour faire de l’Europe un « leader mondial » de l’intelligence artificielle. La France souhaite se positionner comme la troisième voie pour le développement de l’intelligence artificielle.  

Les enjeux du sommet 

Le sommet a été conçu pour répondre aux enjeux technologiques, économiques et sociétaux sur l’essor de l’IA. Plusieurs projets ont été abordés, notamment le service public avec le développement de l’IA dans le domaine de la santé, sur l’avenir du travail et de l’économie avec l’encouragement de la création de start-ups spécialisées en IA avec des incitations fiscales et des subventions.

Le point le plus important reste l’élaboration d’une gouvernance mondiale de l’IA. Elle se ferait avec la création d’une charte internationale encadrant le développement et l’utilisation des modèles d’IA à grande échelle ou encore la création d’une organisation mondiale de supervision des avancées technologiques. Il apparaît clairement que les États souhaitent mettre en place une forme de surveillance de l’IA qui viendrait entraver les géants mondiaux. 

Les grandes annonces du sommet pour l’ia

Un investissement record au sein du sommet pour l’ia

Le point fort du sommet reste l’annonce de l’investissement record de la France et de l’UE. En effet, la France va investir 109 milliards dans l’IA avec 40 milliards d’investissement public pour la recherche et le développement et 69 milliards d’investissement privé d’entreprises technologiques et industrielles notamment Google, Microsoft et NVIDIA. Les fonds promis proviennent en premier lieu des Émirats arabes unis, du Canada et des États-Unis, afin, par exemple, de construire de nombreux data centers.

À ces investissements étrangers, s’ajoutent des promesses de groupes français tels qu’Illiad et Thalès. De plus, un accord a été signé entre la France et l’Allemagne pour créer un cadre commun de l’utilisation de l’IA dans le domaine de l’automobile et de la cybersécurité. 

La présidente de la Commission européenne a elle aussi annoncé un investissement massif de 200 milliards d’euros pour le développement de gigafactory et data centers. Avec ces annonces, la France et l’UE cherchent à s’imposer comme troisième leader mondial de l’IA avec la Chine et les États-Unis. 

Un accord diplomatique pour une IA éthique 

Le sommet a également donné lieu à la signature d’un accord diplomatique par une soixantaine de pays : un accord pour une IA « ouverte, inclusive et éthique ». Il insiste sur la nécessité d’un dialogue mondial et d’une coordination pour la gouvernance de l’IA. L’objectif est finalement de « rendre l’intelligence artificielle durable pour les populations et la planète ».

Cette vision de l’intelligence artificielle n’est pas partagée par tous, en témoigne l’absence des États-Unis et du Royaume-Uni dans la signature de cet accord. Les deux États alertent notamment contre une régulation excessive de l’intelligence artificielle voulant avant tout protéger cette industrie en plein essor. L’absence du géant Américain dans la signature de cet accord laisse entendre qu’une véritable guerre technologique autour de l’IA est en train de se préparer dans laquelle chacun tentera d’obtenir le plus d’avancées possible tout en s’opposant sur la vision de ces avancées. 

Sources :

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2025/02/11/sommet-sur-l-ia-a-paris-la-france-la-chine-et-l-inde-signent-pour-une-ia-ethique-sans-les-etats-unis-et-le-royaume-uni_6542061_4408996.html

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-numerique/actualites-et-evenements/article/sommet-pour-l-action-sur-l-intelligence-artificielle-10-et-11-fevrier-2025

https://www.frenchweb.fr/debrief-du-sommet-de-laction-sur-lia-avec-yann-lechelle-leurope-face-a-ses-contradictions/451578

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-numerique/actualites-et-evenements/article/sommet-pour-l-action-sur-l-ia-assurer-le-developpement-d-une-ia-de-confiance

Mahira