L’ex-président de Cuba inculpé par la justice américaine

Alors que les tensions avec Cuba sont à leur paroxysme, la justice américaine a inculpé l’ex-président cubain Raúl Castro. Également le frère de Fidel Castro, il incarne toujours le pouvoir communiste à Cuba. Aujourd’hui âgé de 94 ans, Raúl Castro est accusé, avec d’autres individus, de « complot en vue d’assassiner des Américains, ainsi que d’autres crimes » pour une affaire remontant à 1996. Des forces cubaines avaient abattu deux avions civils pilotés par des opposants à Fidel Castro cette année-là. Donald Trump voit cet épisode comme un « très grand jour ». Le procureur général par intérim américain Todd Blanche a quant à lui avancé que « les États-Unis et le président Trump n’oublient pas et n’oublieront pas leurs citoyens ».

Raúl Castro

Quelles réactions de Cuba ?

Cuba n’a pas manqué de condamner la décision des États-Unis. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a dénoncé cette inculpation comme étant sans aucun « fondement juridique ». Il a également affirmé qu’elle n’était qu’une « manœuvre politique » visant à « justifier le projet insensé d’une agression militaire contre Cuba ». Selon lui, l’ex-président et les personnes inculpées sont innocents : « Le 24 février 1996, Cuba a agi en légitime défense. »

Une date pas choisie au hasard

Marco Rubio a prononcé l’annonce de l’inculpation le 20 mai. Cette date marque le jour de l’indépendance en 1902 où la République de Cuba s’est affranchie de l’Espagne et l’occupation militaire américaine a pris fin. La prise de parole par le chef de la diplomatie américaine n’était pas anodine. 

D’origine cubaine, Marco Rubio appelle indirectement à l’insurrection de l’île en prononçant son discours ce jour-là. Pour appuyer son idée, il a déclaré :  « Le président Trump propose une nouvelle voie entre les États-Unis et un nouveau Cuba (…) où vous avez véritablement la possibilité de choisir qui gouverne votre pays et de voter pour le remplacer s’il ne fait pas bien son travail ». Il a également ajouté : « Aujourd’hui, Cuba n’est pas contrôlé par une quelconque « révolution », Cuba est contrôlé par Gaesa ».

Une déclaration qui pousse à la révolte

Washington nourrit également cette idée en proposant une enveloppe de 100 millions de dollars à Cuba. En refusant cette offre, le gouvernement cubain pourrait pousser certains citoyens à remettre en question sa légitimité et à envisager une contestation plus globale.

Les récentes manifestations et les peines abusives qu’encourent certains individus pourraient inciter la population à se soulever contre le régime en place. Par exemple, Mileidis Maceo Quiñones, qui a manifesté contre les pannes de courant qui gangrènent le pays, encourt une peine de 13 ans uniquement pour avoir participé à la manifestation. Par ailleurs, l’ex-président de Cuba inculpé par la justice américaine marque un tournant dans les tensions entre les deux pays, qui pourrait bien mener à une invasion de l’île à terme.

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