Le 20 mai 2026, un ministre israélien provoque une polémique en partageant une vidéo sur X qui déclenche un tollé à l’international. Dans cet extrait, on voit des militants de la « flottille pour Gaza » agenouillés et maltraités par les autorités israéliennes sous les encouragements et les sourires du Ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir. Les condamnations n’ont pas tardé à pleuvoir suite à la publication de la vidéo, à l’international mais aussi au sein même d’Israël.
La provocation comme stratégie électorale
Ce n’est pas la première fois qu’un ministre israélien provoque une polémique, et c’est particulièrement vrai pour Itamar Ben Gvir. Contrairement aux invectives habituelles à l’égard des militants pro-palestiniens, les faits sont cette fois-ci filmés volontairement. Cette communication illustre l’idéologie d’extrême droite d’Itamar Ben Gvir, qui prône l’expulsion de tous les Palestiniens de la terre d’Israël. Elle transparaît notamment dans les propos du ministre que l’on entend dans la vidéo : « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous. »
Si ces images provoquent un tollé à l’international, elles sont au contraire bénéfiques pour l’électorat du ministre. En effet, ses électeurs n’attendent qu’une chose de lui : qu’il respecte ses promesses. En se mettant en scène de la sorte, il participe à consolider son image d’homme intransigeant et cohérent avec ses positions.
Quelles condamnations ?
À l’international, les condamnations se multiplient. Rome a déclaré : « Il est inadmissible que ces manifestants, parmi lesquels figurent de nombreux citoyens italiens, soient soumis à un traitement qui porte atteinte à la dignité humaine. » Le ministre espagnol des Affaires étrangères dénonce un traitement « monstrueux », « indigne » et « inhumain ». La France a quant à elle convoqué l’ambassadeur d’Israël « pour exprimer notre indignation et obtenir des explications ». Même l’ambassadeur des États-Unis s’est empressé de condamner cet acte : « La flottille était une manœuvre stupide, mais Ben Gvir a trahi la dignité de sa nation. »
Face à tous ces blâmes, même les personnalités de l’État hébreu ont été contraintes de répondre. Benyamin Nétanyahou a avancé que la vidéo était « non conforme avec les valeurs d’Israël » tandis que le ministre des Affaires étrangères l’a qualifiée sur X de « honteuse » avant d’ajouter « Par ce comportement, vous avez sciemment porté préjudice à notre Etat ».
Une violence banalisée
Si cet épisode déclenche de vives réactions sur la scène internationale face à la violence infligée à ces militants détenus et transférés illégalement en Israël, l’État hébreu n’en est pas à son coup d’essai. Depuis le 7 octobre, les violences qui étaient déjà présentes n’ont fait que s’intensifier jusqu’à être banalisées. Aujourd’hui, elles font partie intégrante du quotidien et sont systématiques, comme le relèvent de nombreux rapports tels que « Bienvenue en enfer » ou encore « Le silence face aux viols des Palestiniens ».
Joris Berry, rédacteur géopolitique pour Artemis
