L’épidémie du virus Ébola, dont le premier cas est apparu en avril en République démocratique du Congo (RDC), alarme de plus en plus la communauté internationale. Avec plus de 130 décès et 513 cas suspects recensés, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est « profondément préoccupé par l’ampleur et la rapidité » à laquelle l’épidémie d’Ébola en RDC évolue. Au cours des cinquante dernières années, Ébola a fait plus de 15 000 morts en Afrique.

Un virus redoutable mais maîtrisable ?
Sa dangerosité réside principalement dans son taux de létalité qui s’élève à plus de 50% pour le variant actuel en RDC. L’épicentre de l’épidémie d’Ébola en RDC se situe dans la province Nord-Est du pays, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud et faisant l’objet d’intenses mouvements de population liés à l’activité minière. Cette situation est propice à la propagation du virus, d’autant plus que le pays peine à se coordonner à cause de la guerre avec le M23.
L’OMS déclare d’ailleurs que «Ébola se transmet de la mère à l’enfant, du mari à l’épouse, du patient au soignant, du cadavre d’une victime à un parent en deuil ». La RDC fait face à un variant du virus Ébola pour lequel aucun vaccin n’existe encore, bien que le directeur du bureau régional de l’OMS pour l’Afrique affirme que « Ébola est une maladie très grave, mais nous savons la maîtriser ».
Que préconisent les différentes parties ?
L’Agence sanitaire de l’Union africaine a déclaré que l’épidémie en cours liée au virus Ébola relevait d’une « urgence de santé publique ». Cette classification favorisera une meilleure coordination entre les acteurs régionaux, accélérera la mobilisation des ressources financières et techniques, et renforcera les capacités de surveillance et d’analyse en laboratoire.
La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a, quant à elle, « déclenché son niveau d’intervention d’urgence le plus élevé » tout en débloquant des « kits d’inhumation sûre et digne » pour les régions les plus touchées.
Au niveau national, le président congolais Félix Tshisekedi a appelé sur X la « population au calme, à la vigilance ainsi qu’au strict respect des mesures de prévention recommandées par les autorités sanitaires ». Denis Mukwege, médecin congolais et Prix Nobel de la paix, a exhorté toutes les parties au conflit à rouvrir l’aéroport de Goma. En effet, sa fermeture suite à la prise de la ville par le groupe armé M23 paralyse la lutte contre l’épidémie de virus Ébola en empêchant l’acheminement de soins.
Un avenir incertain
L’avenir du pays est encore incertain et l’épidémie d’Ébola en RDC risque de durer compte tenu de la situation qui était déjà catastrophique en RDC avant l’apparition du variant. Entre 2018 et 2020, une épidémie du virus Ébola avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades, ce qui laisse présager le pire. Le virus a en plus déjà dépassé les frontières de la RDC avec deux cas confirmés en Ouganda. Un citoyen américain a aussi été testé positif. Le dirigeant de l’OMS a également déclaré qu’il y avait des morts parmi le personnel de santé.
Joris Berry, rédacteur géopolitique pour Artemis
