Chaque 9 mai, la Russie parade pour célébrer la capitulation de l’Allemagne nazie. Lors du « Jour de la Victoire », la Russie a l’habitude de mener une démonstration de force, illustrée par un défilé militaire. En 2021, la cérémonie annuelle russe avait rassemblé plus de 12 000 hommes et 190 véhicules pour parader. Le défilé du 9 mai 2026 a quant à lui été le plus court depuis 20 ans et exempt de chars et de missiles. Signe de faiblesse ou retrait tactique ?

Vladimir Poutine prononçant son discours le 9 mai 2026 sur la Place Rouge.
Une cérémonie réduite
Après quatre ans de guerre, la Russie craignait une attaque de drone lors de la cérémonie, qui se déroulait sur la Place Rouge à Moscou. Pour limiter les risques, le pays a organisé la cérémonie annuelle russe du 9 mai de manière réduite. Le 9 mai 2025, une vingtaine de dirigeants étrangers tels que le président chinois Xi Jinping et le président brésilien Lula étaient présents. Ils n’étaient que cinq le 9 mai 2026.
En effet, seuls les présidents de la Biélorussie, de la Malaisie, du Laos, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan étaient présents. Le Premier ministre slovaque, qui assisstait aussi à l’événement, était le seul dirigeant de l’Union européenne. Cette absence de figures politiques étrangères marque l’isolement diplomatique croissant de la Russie.
Le discours de Vladimir Poutine
Lors de son discours, le président russe a maintenu sa position vis-à-vis de l’Ukraine. Il a également réaffirmé que la Russie affronte des forces « agressives » soutenues par l’OTAN. Il a ajouté : « Je suis fermement convaincue que notre cause est juste. Nous sommes ensemble. La victoire fut nôtre et elle le sera pour toujours ». Tout au long de la cérémonie annuelle russe du 9 mai, Vladimir Poutine n’a cessé de faire le parallèle entre la victoire des forces soviétiques contre les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale et son « opération militaire spéciale » en Ukraine. Ce discours a finalement illustré la tendance de Poutine à instrumentaliser la mémoire de la Seconde Guerre mondiale au service de sa rhétorique sur le conflit ukrainien.
Un cessez-le-feu fragile
Donald Trump a négocié une courte trêve de trois jours entre la Russie et l’Ukraine le neuf, dix et onze mai en échange de mille détenus de chaque pays. Cela survient après des cessez-le-feu unilatéraux des deux camps qui n’ont pas été respectés. Cependant, les deux pays s’accusent encore une fois mutuellement de violation du fragile cessez-le-feu. En effet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré : « Les Russes poursuivent leurs opérations d’assaut dans des secteurs stratégiques pour eux », tandis que le ministre russe de la Défense a accusé l’Ukraine de « 16 071 violations », un chiffre astronomique.
Joris Berry, rédacteur géopolitique pour Artemis
